Rechercher

Sur ce site

Sur le Web du CNRS


Accueil du site > Vie du laboratoire

Séminaires Praxiling 2018-2019

18 mars 2018

Lundi 18 mars
Gilles Siouffi Université Paris Sorbonne, Christelle Dodane & Fabrice Hirsch, Université Paul-Valéry Montpellier 3.
"Dire la période classique : analyse prosodique de quatre productions
Résumé

La segmentation du discours est une nécessité à l’oral, ne serait-ce que pour reprendre son souffle. A l’écrit, elle a plutôt pour but de faciliter la lecture, et de rendre plus sensibles les articulations syntaxiques et sémantiques. L’hypothèse qui fonde ce travail est que la segmentation en « phrases », qui est loin d’être systématique dans l’oral spontané, ne l’est pas non plus à l’écrit. Au XVIIe siècle, beaucoup de textes sont conçus, soit sur le modèle du « flot continu » (lettres, documents administratifs, textes de « peu lettrés »), soit sur un modèle en unités larges qu’on dénomme alors « périodes ». Mais les périodes peuvent difficilement se dire d’un seul souffle. Par ailleurs, elles ne sont pas nécessairement une donnée de départ, la ponctuation étant souvent absente dans les manuscrits. Imprimer un texte comme le dire à l’oral demande donc un travail sur la textualité. L’unité large (« période » ou phrase longue) et les unités intermédiaires (qu’on pourra appeler « clauses ») sont à faire, dans un processus dynamique qui demande des décisions. C’est sur ce type de décisions, à l’écrit comme dans le cadre de l’oralisation, que nous mènerons l’expérimentation.
Le matériau de base sera un extrait du « Sermon sur la mort » de Bossuet (1662). Nous en présenterons les différents états écrits, entre manuscrit et choix de différents imprimeurs, du XVIIIe au XXe siècle, de manière à montrer le statut fluctuant de la segmentation. L’objectif général est ensuite de comparer quatre oralisations dont nous possédons les enregistrements : une oralisation ancienne (Ferdinand Brunot, 1912), une oralisation des années 1960, une oralisation récente, et une oralisation en tentative « historiquement informée » (Eugène Green).
Dans le cadre de ce séminaire, nous présenterons essentiellement l’analyse prosodique menée sur l’enregistrement de Ferdinand Brunot. Celui-ci non seulement s’est enregistré, mais nous a laissé une « auto-analyse » écrite de son enregistrement. Nous verrons quels enseignements les outils modernes de l’analyse prosodique peuvent nous apporter sur sa production. Nous comparerons ensuite brièvement cette dernière avec les autres propositions.
Par ce travail, l’objectif est d’approcher de plus près le phénomène de sa segmentation et de la séquentialité en discours, tant à l’écrit qu’à l’oral.

Lundi 1er avril
Jean Noriyuki Nishiyama, Université de Tokyo
« La traduction, outil privilégié de l’interculturalité ? - comment Antoine Meillet est-il devenu un personnage emblématique contre le militarisme au Japon »

Résumé
Spécialiste de la grammaire comparée, Antoine Meillet (1866-1936) a laissé un ouvrage de circonstances, intitulé Les langues dans l’Europe nouvelle (1re édition en 1918, 2e en 1928), rédigé juste après la Première Guerre mondiale pour démontrer les valeurs de la linguistique en matière de politique internationale, face à la création de nouvelles nations. Le problème était de déterminer les frontières des nations par rapport à la frontière linguistique après l’effondrement d’Empires.
Cet ouvrage a été traduit en japonais pour la première fois en 1943, au moment où l’Empire du Japon a élargi ses frontières en dehors de l’Archipel pour « délivrer les pays d’Asie sous le fardeau des Occidentaux ». La situation géopolitique de l’Asie à l’époque était à comparer, à premier vue, avec celle de l’Europe après la Grande Guerre, par rapport à l’émergence des nations nouvellement créés, ce qui ne justifie pas pourtant la publication de la traduction d’un Meillet, ouvarge rédigé par un savant d’un pays ennemi.

Cette intervention consiste à dégager l’arguement de la traduction japonaise d’un Meillet pour éclairer l’ambition et la conscience interculturelle du traducteur japonais. La confidence du traducteur japonais après la guerre dévoile sa représentation sur Meillet, et ce comme un outil secret de la résistance contre le militarisme. Nous allons analyser donc l’expérience interculturelle du traducteur japonais à la période de la guerre.

Lundi 13 mai
Laurent Gosselin, Université de Rouen

« Titre à venir »

Résumé à venir

Lundi 10 juin
Christoph Schöch, Université de Trèves

« Titre à venir »

Résumé à venir